Des soins accessibles · Un accompagnement continu

Une coalition pour élargir l'accès aux soins intégrés de proximité

Depuis 2019, Métropoles Sans Hep C rassemble des partenaires communautaires, cliniques, universitaires et de santé publique pour améliorer l'accès au dépistage et au traitement de l'hépatite C à Montréal.

Forte de cette expérience, la coalition élargit son action aux soins intégrés de proximité pour les personnes en situation de vulnérabilité et d'itinérance. L'objectif : faciliter l'accès aux soins de santé physique, de santé mentale et en dépendance, en lien avec les partenaires en logement, et maintenir l'accompagnement d'un service à l'autre.

Avec les personnes concernées et nos partenaires, nous voulons développer cette offre, en mesurer les résultats et documenter les conditions de son adaptation ailleurs au Québec.

Logo de Métropoles Sans Hep C
Ce que la coalition a réalisé

Trois acquis sur lesquels bâtir

2011-2026

Quinze ans de données sur les personnes qui s'injectent des drogues à Montréal

La cohorte HEPCO suit depuis 2011 les personnes qui s'injectent des drogues à Montréal. Ses publications récentes documentent la hausse de l'incidence de l'hépatite C et du VIH, l'instabilité résidentielle croissante et le déplacement géographique des personnes, et l'effet protecteur du traitement par agonistes opioïdes. Ces données orientent le modèle et serviront de base à son évaluation.

2024-2025

Le réengagement dans les soins, passé du projet à la routine

Dans le cadre du projet RELIER-VHC, testé pendant 18 mois avec la Direction régionale de santé publique de Montréal, nous avons déployé une intervention qui rejoint à nouveau les personnes diagnostiquées de l'hépatite C puis perdues de vue. Cette intervention fait partie, depuis décembre 2025, des activités courantes de la santé publique.

2024-2026

Le dépistage de l'hépatite C, en milieux communautaires et cliniques

Dans le cadre des projets CADRE-C, PHARMA-C+ et SCALE-POCT, des intervenantes et intervenants communautaires et des professionnels de la santé formés offrent le dépistage de l'hépatite C dans plus de dix milieux communautaires et cliniques. Ces projets utilisent des méthodes de pointe d'évaluation tirées de la science de la mise en œuvre pour documenter les conditions pour en faire des services courants.

Le problème

Des besoins qui s'entrecroisent, des services séparés

Les personnes en situation d'itinérance cumulent souvent des problèmes de santé mentale, des troubles liés à l'usage de substances et un risque élevé d'hépatite C et de VIH, deux infections dont l'incidence augmente à Montréal chez les personnes qui s'injectent des drogues depuis 2019. Les services qui y répondent relèvent de programmes, de lieux et d'horaires distincts : pour une personne sans adresse ni téléphone, chaque transfert est une occasion de rupture. Selon les travaux qualitatifs de la coalition, la survie au jour le jour, la désinformation sur les traitements et l'instabilité résidentielle sont les principaux freins à l'engagement dans les soins.

Le parcours proposé

Ce que « soins intégrés » veut dire, pour une personne

Une personne est accueillie dans un lieu qu'elle fréquente déjà. Ses priorités sont discutées, les soins possibles sont offerts sur place, les relais sont organisés et quelqu'un maintient le suivi. Quatre fonctions.

1

Rejoindre

Une équipe se déplace là où les personnes se trouvent : refuges, haltes-chaleur, logements de transition, organismes de réduction des méfaits, campements. Sans rendez-vous, avec un accompagnement par des pairs.

2

Soigner

Au même point de contact : dépistage et amorce du traitement de l'hépatite C et du VIH, prévention, traitement par agonistes opioïdes, soins de première ligne et de santé mentale.

3

Accompagner

Un coordonnateur de parcours organise les relais : pharmacie, services en dépendance et en santé mentale, ressources résidentielles partenaires. Orientation, démarches accompagnées, puis suivi clinique maintenu après l'installation.

4

Améliorer

Évaluer dès le premier jour les résultats et les conditions de mise en œuvre : parcours du dépistage au traitement et au suivi, stabilité résidentielle, recours à l'urgence, expérience des personnes, coûts. Résultats publiés chaque année.

Chaque composante a une efficacité établie ; ce qui reste à démontrer, c'est leur intégration durable dans un même parcours et ses effets sur la stabilité résidentielle et le recours à l'urgence. La coalition conserve ses autres populations prioritaires.

Qui construit le modèle

Une direction partagée entre quatre secteurs

Milieu communautaire

Le CAPAHC siège à la codirection ; les organismes partenaires accueillent les équipes, livrent le dépistage et portent la voix des personnes concernées.

Milieux cliniques

CUSM, CHUM et Hôpital général juif : infections virales, médecine des toxicomanies, santé des personnes migrantes.

Santé publique

La Direction régionale de santé publique de Montréal intègre à ses activités les interventions qui ont fait leurs preuves.

Recherche

Université McGill (laboratoire RISE³) et Université de Montréal (cohorte HEPCO) : mesure des résultats et des conditions de mise en œuvre.

Avec les personnes concernées

Elles participent aux consultations et à la co-conception des plans d'action ; selon elles, les services menés par les pairs sont essentiels pour entrer dans les soins et y rester.

Les organismes communautaires sont très proches des personnes qui utilisent des drogues. Servez-vous de ces liens et vous pourrez tous nous relier. Si ça marche pour l'hépatite C, ça marchera peut-être pour d'autres projets.

Personne qui s'injecte des drogues, engagée dans un organisme communautaire
Consultations communautaires de MSHC, 2022-2023, citées dans la proposition de recherche de la coalition (traduction libre)

Voir la codirection, l'équipe et les partenaires

La prochaine étape

Démontrer le modèle à Montréal, puis l'adapter ailleurs

Déployer le parcours intégré sur trois à cinq sites montréalais à partir de 2027, avec des cibles fixées avec nos partenaires publics, puis l'étendre selon les résultats. Un investissement supplémentaire rendrait possibles les équipes sur le terrain, la coordination de parcours et l'évaluation ; la coalition, les protocoles et la confiance des milieux existent déjà.

Ce que nous cherchons

  • Des sites de déploiement : refuges, haltes-chaleur, logements de transition, organismes.
  • Des partenaires publics pour fixer les cibles et partager les indicateurs.
  • Des bailleurs de fonds pour la démonstration 2027-2030.
Sources
  • Ministère de la Santé et des Services sociaux. Tout le monde compte 2025 : l'itinérance visible au Québec et son évolution, résultats préliminaires (dénombrement ponctuel du 15 avril 2025).
  • CATIE. What does it take to eliminate hepatitis C in a city like Montreal? Billet de l'équipe MSHC, 25 mai 2026.
  • Kleiner BB et coll. Incidence of HIV and HCV among people who inject drugs in Montreal, Canada: data from the HEPCO longitudinal cohort study, 2011-2025. J Viral Hepat 2026.
  • Commission de la santé mentale du Canada. Projet Chez Soi : rapport final du site de Montréal, 2014.